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Les peintures de Yahne le Toumelin,
la mère envers qui j'ai tant de reconnaissance,
ont peuplé mon enfance.
Leurs transparences lumineuses m'ont si souvent
emmené dans des voyages sans fin
au-delà des frontières de la réalité solide.

Matthieu Ricard

 

 

Paysages habités:

 Toute importance doit s'attacher aux fils, par lesquels se captent les énergies, de préférence subtile, des autres (leurs "élévations d'âme", prières, enthousiasmes, etc.). Ceux qui captent sont des pêcheurs vers le haut ou vers le bas. Les fils peuvent être tendus d'un point à un autre, servir à des acrobates ou à des oiseaux, ou encore pendre une cloche (hommes-cloches), d'un ballon, d'un parachute. Le pas est donné aux êtres "transformateurs" d'électricité. - Du fait que les éléments tendent à s'organiser dans l'ordre purement émotif , la plus grande liberté est prise à l'égard des lois régissant en général la composition, les perspectives (pour conjurer le chaos elles font ici office d'entonnoir), les éclairages (délibérément "nordiques", incendiant portes et fenêtres, entretenus par 7 ou 9 foyers en mouvement). En ce qui concerne l'origine de la "voie" qui se creuse ici, à chacun de "se débrouiller" , à la lanterne sourde ou à la lampe-tempête, pour na pas trébucher dans ce beau brouillard luciférien.  André Breton 1957

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Mer, miroir, mirage...
La peinture de Yahne Le Toumelin
nous projette dans l'unité
de l'être et la simplicité des
formes essentielles
Les mots "abstraction" ou
"réalisme" n'existent plus,
devant l'authenticité d'une
peinture qui vibre comme
une illumination.

 Maurice Béjart

"Imaginez une bande de bambins, encouragés par leur mère, assis sur le pot de chambre.
Chacun admire ce qu'il a fait, après les efforts convenus. Compétition, arrogance ou dépit évoquent les milieux artistiques.
Méditons : seul le produit d'un esprit clair, ouvert à sa nature essentielle, peut échapper à cette comparaison.
Tout ouvrage fut-il de grand goût, résultant de nos mécanismes émotionnels et mentaux, n'est que le produit des déchets ordinaires, immémoriaux, en quête de mutation.
Aussi loin qu'elle désire aller, l'imagination porte les traces résiduelles de sa fabrication.
Même si elles soulagent un moment et qu'elles sont qualifiées de “travail”, les poubelles de culture et leur champ d'épandage galeriesque ou muséal, encombrent d'un système commercial les splenseurs de la pensée”.

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"L'art, comme la vertu, ne requiert nullement d'être surajouté à notre état naturel que l'abondance du vide sustente. Tout prolifère en expension, le négatif amoindrissant comme le positif dilatatoire.
La fontaine de Jouvence est une des plus anciennes images de l'art : en Sumer, Akkad, Elam, plus tard à Mathura, etc.
Elle donne, donne, donne...
L'offrande est bien davantage qu'une réponse à cette profusion d'amour, “elle danse avec”, symboliquement (sim-ballein), tel un surfeur sur une vaste mer. C'est en allant qu'on connaît! Le talent se goûte vraiment en non-violence, c'est à dire en état d'abandon à l'état naturel. Il est fatiguant de garder, à l'intérieur de nous, une place pour les aliens mentaux et les postiches émotionnels, dont la culture contraint le goût de masse par la publicité.”

Yahne Le Toumelin "Lumière, rire du ciel" Editions Pauvert 2001